L’île aux chiens, Wes Anderson (2018)

J’ai regardé L’île aux chiens récemment. Après avoir lu quelques avis et après sa nomination pour l’Oscar du meilleur film d’animation attribué finalement à Spider-Man : New Generation, je me suis dit qu’il devait vraiment valoir le coup.

Et en effet, bien que ce ne soit pas un de mes préférés, c’est un film magnifique.

Il faut savoir que c’est un film réalisé en stop-motion, ce qui demande un travail colossal simplement pour la création des marionnettes, et des décors. Le film nous ouvre d’ailleurs les portes de leurs coulisses dans des vidéos mises en ligne sur Youtube par FoxSearchLight.


J’ai trouvé très intéressant que différents modes d’animation soient utilisés notamment à travers les écrans présents dans le film qui représentent encore une autre réalité.

Dès le début, nous sommes entraînés dans une atmosphère assez particulière. C’est un film de Wes Anderson après tout, où « bizarre » signifie « normal ». Les personnages sont toujours très stoïques et l’on ne voit que rarement leurs émotions transparaître. L’émotion est transmise ailleurs, par les dialogues et les voix très adultes et sérieuses des hommes comme des chiens. Les protagonistes canins, leur histoire et leurs émotions sont beaucoup plus élaborées que la plupart des hommes. Ils parlent notre langue, tandis que les hommes parlent presque tous japonais. On se sent alors forcément plus proches d’eux et nous voyons les choses de leur point de vue avant tout.

Thomas Flight parle des thèmes des langues et de la traduction dans cette vidéo très intéressante :

La musique joue un rôle fondamental, orchestrant une sorte de chorégraphie mécanique de ces marionnettes mises en mouvement. Chaque réplique, chaque action est calculée pour un spectacle fantastique. L’atmosphère est angoissante, malaisante, et les couleurs sombres accentuent cet effet. C’est un film qui va à l’essentiel avec des scènes crues et sales de combats, de maladie, d’opération, de déchets.

Mais malgré cette forme crue et mécanique à la fois, le film garde un fond très poétique qui fascine. Une belle histoire d’amitié et d’amour qui amène à la réflexion sur un fond politique de lutte et de pouvoir. La voix off nous raconte une histoire et nous entraîne dans son récit. Je pense que l’emploi de la langue japonaise non traduite contribue également au caractère poétique car c’est une langue magnifique et méconnue qui nous emmène vers l’ailleurs.

L’atmosphère Wes Andersonien m’a tenu tout le long du film, et c’est pourquoi je n’arrivais pas à être vraiment à l’aise en le regardant. Ce n’est pas un film populaire ni distrayant mais il n’en reste pas moins un chef d’œuvre monstrueux de technique et d’orchestration à voir au moins une fois.

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