Ernest et Célestine, Stéphane Aubier, Vincent Patar & Benjamin Renner (2012)


Célestine est une jeune souris destinée à devenir dentiste. Elle dessine en secret et rêve de rencontrer un jour un ours, l’ennemi juré de son espèce. Ernest quant à lui est un ours musicien qui n’a pas les moyens de se nourrir. La rencontre entre ces deux personnages poilus que tout semble opposer va fleurir en une amitié inoubliable.


Ernest et Célestine fait partie de mes films d’animation préférés. J’adore les dessins à l’aquarelle et aux couleurs claires qui apportent beaucoup de poésie au film.

En général, je pense d’abord à l’histoire du dessin animé que je regarde, puis ensuite aux dessins et à l’animation qui l’accompagnent. Mais ici, ce sont vraiment les dessins et l’animation qui me plaisent en premier lieu.

J’aime comme les personnages et les paysages sont dessinés à l’aquarelle comme dans un album jeunesse. Il en ressort beaucoup de douceur. On trouve également de très belles animations abstraites par moment, comme par exemple avec le mouvement fluidifié des souris policières, le rêve d’Ernest lorsqu’il tombe malade, l’animation en musique de la peinture de Célestine, ou encore la scène où Ernest et Célestine effacent/masquent la voiture rouge. On croirait regarder un jeu de peinture en musique.

Ernest et Célestine, scène de poursuite des souris

Ernest et Célestine, c’est évidemment une jolie histoire sur une amitié inattendue entre un ours et une souris. Mais plus loin que cela c’est un récit qui questionne les conventions, la société, la tolérance… On suit Ernest alors qu’il n’a pas d’argent pour subvenir à ses besoins et se fait arrêter par la police parce qu’il chante et joue des instruments pour demander de l’argent aux passants. On voit bien d’ailleurs comme ceux-ci l’ignorent voire le méprisent… Des scènes auxquelles nous assistons tous les jours dans la rue. Célestine peint des ours et voudrait en rencontrer mais c’est interdit dans le monde des souris où ceux-ci sont diabolisés. On trouve là une forme de peur et de méconnaissance que l’on peut apparenter au racisme. Ernest et Célestine vivent dans une société totalement divisée et par leur amitié, ils renversent l’ordre établi et brisent les conventions. Les ours et souris voient cela comme une provocation, alors que ce n’en est pas du tout une : c’est un coup de foudre amical, tout simplement.

Ernest et Célestine, scène de rencontre

Cette amitié interdite prend des proportions complètement démesurées : Ernest et Célestine sont des hors-la-loi qui doivent être jugés. Alors que les deux amis doivent chacun se défendre dans leur procès respectif, la justice reste sourde. Les jurés et publics souris et ours font semblant d’acquiescer les règles et conventions qu’ils ont toujours suivies, même si l’on voit bien qu’ils savent qu’elles ne sont pas fondées. La justice perd alors toute raison et devient absurde.

– C’est pour ça que je suis toute seule. Ils veulent pas que je dessine, ils veulent que je sois dentiste !

– Ah ouais je connais bien ça. Je voulais faire du théâtre moi, et de la musique, et raconter des histoires mais non penses-tu ! Ils voulaient que je sois juge comme mon père, mon oncle et mon grand-oncle.

Pochette de l’album de la bande originale de Vincent Courtois

Le film critique également le commerce et sa morale au travers de la famille ours dont le père tient un magasin de friandises mais refuse d’en donner ne serait-ce qu’une à son fils car il connaît les ravages que cela peut avoir sur la dentition. La mère quant à elle tient un magasin juste de l’autre côté de la rue où elle revend des dents flambant neuves aux clients de son mari après qu’ils se soient gavés de bonbons. On voit bien là le schéma classique de notre société hyper-consommatrice.

Ce film fait passer beaucoup de messages au travers d’une belle plaidoirie de l’amitié. Les dessins nous enchantent et nous émeuvent tout comme la musique qui accompagne parfaitement la poésie de l’œuvre.

L’aveuglante vérité étonne la société.

Dites-moi en commentaire si vous avez aimé vous aussi Ernest et Célestine ou pas, ou si vous comptez le voir !

La bande annonce :

La bande originale de Vincent Courtois et Thomas Fersen :

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