Ma vie de Courgette, Claude Barras (2016)


« Courgette n’a rien d’un légume. C’est un vaillant petit garçon. Il croit qu’il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a dix ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas même être heureux. »


Aujourd’hui, je veux vous parler d’un film qui me tient tout particulièrement à cœur.

Ma vie de Courgette est un film réalisé en stop-motion sur Icare, un garçon de neuf ans surnommé Courgette. En plus d’un père qui l’a abandonné, sa mère est alcoolique et violente avec lui. Dans un moment de panique, Courgette la fait accidentellement tomber dans l’escalier et cette chute lui sera fatale. L’enfant est alors emmené dans un centre où il vit avec d’autres enfants qui ont eu une vie difficile et se retrouvent sans personne pour s’occuper d’eux.

Ma vie de Courgette traite évidemment d’un sujet très délicat et terrible. Dès les premières minutes, l’émotion me submerge. Ce film est basé sur une tension entre la cruauté de la vie à laquelle les enfants doivent faire face et leur innocence. Même avec une histoire terrible, ils arrivent à trouver des moments de joie et sourire. Par exemple, dans une des premières scènes, Courgette ramasse toutes les canettes de bière vides bues par sa mère et qui traînent dans la maison pour jouer avec et en faire une grande tour.

Tous les terribles passés des enfants sont racontés par les enfants eux-mêmes avec beaucoup de naïveté car ils ne comprennent pas tout (mais sûrement bien plus que ce qu’on imagine). Le début du film est très sombre, puis au fur et à mesure, il se fait de plus en plus chaleureux.

Chaque enfant à une histoire bouleversante qui a fait se développer en lui de l’anxiété, de la violence ou encore des troubles du comportement. La jeune Alice, qui a été abusée par son père, se met à tapoter son assiette avec sa cuillère frénétiquement dès que quelque chose autour d’elle la contrarie. Mais les enfants voient cela au travers de la plaisanterie : « Alice est en mode vibreur ». Béa, dont la mère étrangère a été expulsée, ne peut s’empêcher d’accourir dehors en criant « Maman » dès qu’elle entend une voiture arriver. Les enfants une nouvelle fois en rient en l’anticipant : « 3, 2, 1… ». Simon quant à lui apparaît dès le début comme le méchant garçon violent qui exerce sa tyrannie. Mais au fur et à mesure du film, la carapace qu’il s’est forgée se rabaisse pour laisser entrevoir ses propres émotions et un rôle qui tient plus du parent protecteur envers les autres enfants.

Lors de leur sortie à la neige, on voit comment les adultes peuvent percevoir ces enfants abandonnés par leurs parents. Ils les traitent comme des délinquants car leurs comportements sont souvent en décalage avec ce que l’on attend d’enfants « bien éduqués ». Ils sont d’ailleurs mieux accueillis par les autres enfants qui eux n’ont pas de préjugés sur l’éducation. On en ressent de l’injustice car tous les enfants du centre sont profondément attachants. On ressent toute leur tristesse et leur désespoir à voir les autres enfants entourés et aimés par leur famille car ils savent que c’est quelque chose qui leur restera sûrement inaccessible toute leur vie : il est très rare que l’on adopte des enfants aussi grands qu’eux.

« On est tous pareils. Y a plus personne pour nous aimer. »

Je trouve qu’il n’y a que les films d’animation (qui plus est en stop motion) pour apporter autant de douceur à un sujet aussi difficile. Les couleurs vives y contribuent d’ailleurs beaucoup. Les fortes émotions sont toujours abordées avec beaucoup de subtilité sans aucuns mots ni images choquants. Interprétées avec la poésie de l’animation, ses émotions, qu’elles soient positives ou négatives, n’en sont que plus émouvantes et donnent tout son charme au film. Les expressions des personnages sont vraiment réalistes avec leurs grands yeux. Chaque mouvement, chaque coup d’œil les rendent vivants. Le jeu d’acteurs des voix est également incroyable. Le film s’apparente alors à un documentaire dur et doux à la fois. Impossible de ne pas en ressortir le cœur serré.

« Des fois, je rêve que je suis grand et que je suis encore avec ma mère. Elle parle toujours toute seule en buvant de la bière. Et moi, j’en bois beaucoup aussi. J’suis bien content de savoir que ça arrivera jamais. »

Foncez regarder Ma vie de Courgette ! Et si vous l’avez déjà vu dites-moi en commentaire, ce que vous en avez pensé.

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