Massachusetts, Pouilles et ISS


Bonjour à tous !

Je vous propose aujourd’hui de partir avec moi dans l’état du Massachusetts du XIXème siècle, la région des Pouilles du XXème et l’ISS (International Space Station) du XXIème ! Un voyage dans l’espace et dans le temps avec trois histoires bien différentes et que j’ai toutes appréciées. Un point commun : se dépasser et aspirer à un idéal.

C’est parti pour mes chroniques de lecture de Good Wives de Louisa May Alcott, Le Soleil des Scorta de Laurent Gaudé et Dans la combi de Thomas Pesquet de Marion Montaigne.


Good Wives, Louisa May Alcott (1869)

Résumé :

« Practical Meg, headstrong Jo, quiet Beth and romantic Amy – the March sisters are making their journey to womanhood, each with their own struggles and triumphs along the way. From disappointments in love to a tragedy that turns their worlds upside down, it will take an unwavering sisterly bond and all of the girls’ courage to find happiness in the most unexpected places… »

Mon avis :

Après avoir lu et adoré Little Women, c’est avec délice que je me suis plongée dans sa suite, Good Wives.

Deux autres tomes ont été publiés par la suite (Little Men et Jo’s Boys), mais ce sont les deux premiers qui constituent dans l’opinion publique l’histoire des Quatre Filles du Docteur March et qui ont servis aux adaptations cinématographiques.

L’histoire raconte la vie d’une famille « parfaite » dans ses imperfections et dans sa manière de faire des erreurs et de les surmonter en en retirant une leçon.

Now, if she had been the heroine of a moral storybook, she ought at this period of her life to have become quite saintly, renounced the world, and gone about doing good in a mortified bonnet, with tracts in her pocket. But, you see, Jo wasn’t a heroine; she was only a struggling human girl, like hundred of others, and she just acted out her nature, being sad, cross, listless, or energetic, as the mood suggested. It’s highly virtuous to say we’ll be good, but we can’t do it all at once, and it takes a long pull, a strong pull, and a pull all together, before some of us get our feet set in the right way.

Ce second tome est différent du premier, même si l’on retrouve une nouvelle fois cette ambiance familiale douce et cocooning. L’histoire se déroule trois ans plus tard et s’étale sur plusieurs années. Les filles March ont bien grandi et commencent à envisager leur futur plus sérieusement.

La plus grande différence par rapport au premier tome est que les March vont être très vite séparées et que l’on va suivre leur évolution de façon plus individuelle avec la vie conjugale de Meg, le départ pour l’Europe d’Amy, la fatigue de Beth, l’écriture de Jo et les années universitaires de Laurie.

Même si la distance les sépare, leur relation est toujours aussi forte et donne l’aspect d’une famille soudée quoiqu’il arrive.

Le personnage qui ressort le plus cette fois-ci est plutôt selon moi Amy chez qui l’on découvre une maturité beaucoup plus évoluée et de grands changements dans sa manière d’agir et de penser.

« Rome took all the vanity out of me; for after seeing the wonders there, I felt too insignificant to live, and gave up all my foolish hopes in despair. »

« Why should you, with so much energy and talent ? »

« That’s just why – because talent isn’t genius, and no amount of energy can make it so. I want to be great, or nothing. I won’t be a common place dauber, so I don’t intend to try any more. »

« And what are you going to do with yourself now, if I may ask ? »

« Polish up my other talents, and be an ornament to society if I get the chance. »

Le roman est à remettre dans son contexte mais il fait vraiment honneur aux femmes de l’époque en les mettant toujours en avant.

Don’t laugh at the spinsters, dear girls, for often very tender, tragical romances are hidden away in the hearts that beat so quietly under the sober gowns, and many silent sacrifices of youth, health, ambition, love itself, make the faded faces beautiful in God’s sight. Even the sad, sour sisters should be kindly dealt with, because they have missed the sweetest part of life, if for no other reason; and, looking at them with compassion, not contempt, girls in their gloom should remember that they too may miss the blossom time; that rosy cheeks don’t last forever, that silver threads will come in the bonnie brown hair, and that, by and by, kindness and respect will be as sweet as love and admiration now.

J’ai été assez surprise par la fin et, même si je ne suis pas déçue, je ne m’attendais vraiment pas à ça.

Sans vous spoiler, je trouve qu’il est intéressant de savoir que Little Women a une très grande portée autobiographique pour l’autrice qui s’identifie beaucoup à Jo March. Elle ne s’est jamais mariée et a dû revoir la fin de son roman à cause de cela… Je n’en dirai pas plus !

Dites-moi en commentaire si vous avez lu Little Women et Good Wives ou si vous avez vu une de leurs adaptations 😊


Le Soleil des Scorta, Laurent Gaudé (2004)

Résumé :

« La lignée des Scorta est née d’un viol et du pêché. Maudite et méprisée, cette famille est guettée par la folie et la pauvreté. A Montepuccio, dans le Sud de l’Italie, seul l’éclat de l’argent peut éclipser l’indignité d’une naissance. C’est en accédant à l’aisance matérielle que les Scorta pensent éloigner d’eux l’opprobre. mais si le jugement des hommes finit par ne plus les atteindre, le destin, lui, peut les rattraper. Le temps, cette course interminable du soleil brûlant les terres de Montepuccio, balayera ces existences de labeur et de folie. A l’histoire de cette famille hors du commun se mêle la confession de sa doyenne, Carmela, qui résonne comme un testament spirituel à destination de la descendance. Pour que ne s’éteigne jamais la fierté, cette force des Scorta. »

Mon avis :

Ce magnifique roman figurera très certainement parmi mes préférés de Laurent Gaudé. J’y ai retrouvé la même fascination que lors de ma lecture de La Mort du Roi Tsongor. Les descriptions des paysages des Pouilles, du village de Montepuccio, de la nourriture et de la chaleur m’ont transportée en Italie. L’histoire s’étale sur près d’un siècle où l’on va découvrir la naissance et la continuité de la famille des Scorta.

Une vingtaine d’hommes maintenant marchaient sur ses talons. Et tout le long de la via Nuova, des femmes l’apostrophaient, de leur balcon, du pas de leur porte, tenant leurs enfants contre leurs jambes, se signant à son passage. Lorsqu’il passa devant l’église, à l’endroit même où il avait croisé don Giorgio quelques heures plus tôt, une voix plus forte que les autres retentit : « Mascalzone, c’est le jour de ta mort. » Alors seulement, il tourna la tête en direction de cette voix et tout le village put voir sur ses lèvres un affreux sourire de défi qui les glaça tous. Ce sourire disait qu’il savait. Et qu’il les méprisait au-delà de tout. Qu’il avait obtenu ce qu’il était venu chercher et qu’il emporterait cette jouissance jusque dans sa tombe. Quelques enfants, effrayés par le rictus du voyageur, se mirent à pleurer. Et d’une seule voix, les mères laissèrent échapper cette injonction pieuse : « C’est le diable ! »

Le destin de cette famille presque maudite m’a rappelé un mélange des Macquart de Zola et des Peaky Blinders de Steven Knight. Je me suis retrouvée une nouvelle fois plongée dans une atmosphère mystique et ancestrale décrite avec beaucoup de justesse et de minutie.

L’écriture de Laurent Gaudé me happe et me fascine. Il a ce pouvoir de décrire des choses difficiles et violentes avec de si bons mots et assez de recul pour faire ressentir des émotions sans choquer et prendre aux tripes. Il va au cœur des choses avec douceur et il ne nous reste juste qu’à apprécier le voyage et la beauté des mots qu’il choisit.

Il glissait sur les flots. En silence. Allongé au fond de sa barque, il ne se dirigeait qu’à la vue des étoiles. Dans ces moments-là, il n’était rien. Il s’oubliait. Plus personne ne le connaissait. Plus personne ne parlait. Il était un point perdu dans l’eau. Une minuscule barque de bois qui oscillait sur les flots. Il n’était rien et laissait le monde le pénétrer. Il avait appris à comprendre la langue de la mer, les ordres du vent, le murmures des vagues. Il n’y avait que la contrebande. Il lui fallait le ciel entier, plein d’étoiles mouillées, pour épancher sa mélancolie. Il ne demandait rien. Qu’on le laisse simplement glisser au fil de l’eau en abandonnant derrière lui les tourments du monde.

Les liens du sang et de la famille sont très forts chez les Scorta et c’est ce sentiment d’appartenance qui leur permet de traverser la misère, la folie et la mort avec calme et fierté. Même s’ils ont fait des choses abominables, on s’attache à cette famille qui, partant de loin, veut réussir à s’en sortir et vise toujours plus haut. Chaque personnage a sa propre personnalité, ses propres combats et ses propres ambitions, mais tous se rejoignent sous un nom et un village : les Scorta de Montepuccio.

J’ai eu un coup de cœur pour Carmela qui raconte son histoire à la fin de chaque chapitre. C’est une femme forte dans un monde dominé par la violence des hommes.

Le roman offre une réflexion sur la misère, l’hérédité, les origines, l’immigration et l’attachement à la terre. L’histoire y revient constamment : d’où vient-on et où va-t-on ?

Je ne peux que vous conseiller de tenter la lecture de ce roman qui j’en suis sûre vous ravira.

Si vous avez lu Le Soleil des Scorta, partagez-moi vos impressions en commentaire et si vous avez des recommandations de lectures à me faire, n’hésitez pas ! (j’ai trouvé Eldorado en occasion et je pense que ce sera ma prochaine lecture de Laurent Gaudé)


Dans la combi de Thomas Pesquet, Marion Montaigne (2017)

Résumé :

« Le 2 juin dernier, le Français Thomas Pesquet, 38 ans, astronaute, rentrait sur Terre après avoir passé 6 mois dans la Station spatiale internationale. La réalisation d’un rêve d’enfant pour ce type hors-norme qui après avoir été sélectionné parmi 8413 candidats, suivit une formation intense pendant 7 ans, entre Cologne, Moscou, Houston et Baïkonour… Dans cette bande dessinée de reportage, Marion Montaigne raconte avec humour – sa marque de fabrique – le parcours de ce héros depuis sa sélection, puis sa formation jusqu’à sa mission dans l’ISS et son retour sur Terre. »

Mon avis :

Une des BD les plus drôles qu’il m’ait été donné de lire ! Les dessins sont simples avec quelques touches de couleurs et c’est ce qui donne tout le caractère au livre. Le style me fait un peu penser au dessin humoristique de presse. Il y a aussi des dessins plus grands et très beaux sur une ou plusieurs pages, notamment celui de l’ISS.

J’ai tellement ris et appris avec cette BD ! J’avoue que l’espace reste un grand mystère pour moi et même si je m’y suis déjà intéressée, il y a toujours un moment où mon cerveau bloque (soit scientifiquement parlant, soit métaphysiquement). Avoir une approche aussi ludique sur la conquête spatiale m’a permis de voir plus concrètement comment cela se passe mais aussi de la démystifier et d’en avoir un peu moins peur.

La BD aborde tous les sujets autour des astronautes : qu’ils soient pratiquo-pratiques, intimes, scientifiques, politiques ou économiques, tout y passe ! Elle est assez lourde avec plus de deux cents pages mais la lecture se déguste parfaitement. J’ai adoré suivre tout le parcours de Thomas Pesquet et suppose qu’il doit être en majorité véridique. De la préparation des concours théoriques aux formations physiques intensives jusqu’aux six mois qu’il a passé dans la station spatiale et son retour sur Terre, le déroulement m’a passionnée.

Ce livre m’a vraiment donné envie de plus m’intéresser aux astronautes et à leur courage et détermination hors-normes. Je trouve vraiment que l’on a une chance incroyable d’avoir accès à autant de contenu, qu’il soit humoristique ou plus sérieux autour des astronautes et de l’ISS grâce à internet.

Je trouve que c’est un cadeau vraiment idéal qui peut plaire à tout le monde tout en instruisant.

Et vous, l’avez-vous lu ?

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