Trois lectures réconfortantes de cet automne


La déprime et la fatigue étant très présentes en cette période de froid et de grisaille, la lecture m’aide à me réchauffer et me remonter le moral. Je me suis donc plongée dans trois univers jeunesse distincts qui ont marqué ces dernières semaines de lecture : le manga Le Maître des Livres de Umiharu Shinohara, la BD Le Prince et la Couturière de Jen Wang et la série La Quête d’Ewilan de Pierre Bottero.

J’ai adoré ces lectures cocooning qui m’ont bien réconfortée et qui je l’espère pourront vous inspirer !


Le Maître des Livres, Umiharu Shinohara (2011-)

Résumé :

À la bibliothèque pour enfant « La rose trémière » vous êtes accueillis et conseillés par Mikoshiba, un bibliothécaire binoclard célèbre pour son caractère bien trempé. Mais contrairement à ce qu’il peut laisser paraître, c’est un professionnel de premier ordre. Aujourd’hui encore, adultes comme enfants perdus dans leur vie viennent à lui en espérant qu’il leur trouvera le livre salvateur.
Une histoire passionnante centrée sur la littérature et Mikoshiba, le « sommelier du livre pour enfant ».

Mon avis :

Cette série de mangas est un nouveau coup de cœur. Son atmosphère joyeuse et cocooning me rappelle beaucoup celle de Barakamon, une série que j’ai également adorée. Et ici, on parle en plus de bibliothèques et de livres, deux sujets que j’affectionne particulièrement. Je ne conseillerais jamais assez d’aller en bibliothèque pour découvrir tout ce auquel on a accès et ce manga m’a donné encore tout plein d’arguments !

Au travers des personnage et de la jolie bibliothèque pour enfants de la Rose Trémière, on découvre les joies et difficultés du métier de bibliothécaire et la passion de la littérature jeunesse avec des résumés et mises en perspective de chefs d’œuvres tels que le Petit Prince, Hansel et Gretel, l’Ile au Trésor… Le manga nous fait donc voyager dans le quotidien d’une bibliothèque au Japon, dans la vie de ses employés et de ses usagers mais aussi au travers des livres qu’ils lisent et conseillent et des leçons qu’ils peuvent en retirer.

J’aime beaucoup le personnage principal de Mikoshiba, un bibliothécaire sévère et austère mais passionné et passionnant. Ses deux collègues Itaya et Mizuho ont deux caractères différents – l’une extravagante, l’autre réservée. Elles sont drôles et légères avec des passés plus lourds qu’il n’y paraît. Miyamoto est un adulte un peu perdu et en quête d’identité qui revient régulièrement. Il montre qu’il n’y pas d’âge pour lire de la littérature jeunesse et qu’elle l’aide d’ailleurs beaucoup. Toute cette bande est entourée d’enfants et d’adolescents qui reviennent plus ou moins régulièrement. Tous ont des raisons particulières pour venir à la bibliothèque et s’évader grâce à la lecture.

Cette série est un véritable petit bonbon réconfortant à savourer. Elle fait aussi réfléchir sur la place du livre en société, la place de la lecture dans nos vies ou encore celle des bibliothèques et leur rôle dans la chaîne du livre.

Je ne peux que vous conseiller de vous y plonger si vous avez envie d’une lecture douce, qui redonne le sourire et réconforte. J’ai lu les six premiers tomes et je ne vais pas tarder à continuer la suite !


Le Prince et la Couturière, Jen Wang (2018)

Résumé :

Le prince Sébastien cherche sa future femme, ou plutôt, ses parents lui cherchent une épouse… De son côté, Sébastien est trop occupé à garder son identité secrète à l’abri des regards indiscrets. La nuit, il revêt les tenues les plus folles et part conquérir Paris sous les atours de l’époustouflante Lady Crystallia, l’icône de mode la plus courue de toute la capitale !

Sébastien a une arme secrète : sa couturière, Francès, une des deux seules personnes à connaître son secret, et sa meilleure amie. Mais Francès rêve de s’accomplir par elle-même, et rester au service du prince lui promet une vie dans l’ombre… pour toujours. Combien de temps Francès supportera‑t-elle de vivre dans le boudoir de Sébastien en mettant ses rêves de côté ?

Mon avis :

J’ai eu aussi un énorme coup de cœur pour la BD Le Prince et la couturière de Jen Wang. L’histoire aborde des sujets tellement importants avec beaucoup de délicatesse, d’humour et d’émotion. Je l’ai lu presque d’une traite avec délice en savourant ces magnifiques dessin ronds, nets et aux couleurs douces.

J’ai été transportée dans l’univers du prince Sébastien, de la cour mais aussi des domestiques au travers de la couturière Francès. L’amitié qui va se lier entre ces deux personnages est très touchantes et devient forte dès les premières pages car ils sont liés par un secret : personne ne doit savoir que le prince Sébastien porte des robes et se maquille pour devenir Lady Crystallia quand personne ne regarde.

La BD touche un sujet important et encore trop tabou : la question du genre et de sa fluidité. J’ai trouvé la façon de l’aborder de l’autrice très belle et juste. Le prince est peu confiant et assez banal dans la vie de tous les jours mais il devient plus puissant et sûr de lui lorsqu’il devient Lady Christallia, la vraie lui.

Francès est elle aussi peu sûre d’elle mais elle a beaucoup d’idée et d’ambition en matière de vêtements et le prince va lui permettre de faire fleurir sa créativité et de lui ouvrir des portes qu’elle lui croyait totalement fermées. Elle n’hésite pas une seule seconde à aider le prince. Elle le comprend sans jamais le juger.

J’ai aussi beaucoup aimé le personnage d’Emile, garde du prince qui veille sur lui dans l’ombre. On ne le voit pas beaucoup mais c’est lui qui le premier a connu le secret du prince et l’a protégé sans jamais le trahir.

Les relations entre les personnages sont très fortes mais aussi complexes par moment. On voit bien qu’à la cour tout ne repose que sur les apparences et les conventions mais Sébastien, ou plutôt Lady Chrystallia, et Francès vont venir secouer tout ça. On ressent le mal-être du prince à l’idée que ses parents n’apprennent son secret un jour. Un poids pèse sur ses épaules car il doit réprimer la personne qu’il est réellement au fond de lui alors qu’il sait pertinemment que ce n’est qu’en étant lui-même qu’il pourra régner sereinement et aborder l’avenir avec plus de courage.

Toute ma vie peut être résumée à voir les autres décider ce qui est acceptable pour moi. Quand je mets une robe, c’est à moi qu’il revient de décider ce qui me donne un air stupide.

Enfin, je dirai que l’enchaînement des dessins et des scènes est très bien ficelé. Les couleurs et les dessins des personnages rendent la lecture très agréable et les vêtements dessinés par la couturière sont absolument magnifiques.

Si vous cherchez un cadeau qui divertisse en portant un message de bienveillance et de tolérance, Le Prince et la Couturière est parfait !

J’adorerais que cette histoire soit adaptée en film d’animation, ce serait génial !

Avez-vous lu cette BD ? Qu’en avez-vous pensé ?


La Quête d’Ewilan, Pierre Bottero (2003)

Résumé :

La vie de Camille, adolescente surdouée, bascule le jour où elle pénètre accidentellement dans un univers parallèle, nommé Gwendalavir. Elle ignore tout de ce monde où, pourtant, on semble la reconnaître sous le nom d’Ewilan. Accompagnée dans sa quête par son ami Salim, elle réalise qu’elle possède un don prodigieux et que tout un peuple l’attendait pour reconquérir sa liberté et sa dignité. Camille doit vite apprendre à maîtriser son pouvoir, l’art du Dessin…

Mon avis :

La Quête d’Ewilan est une série fantastique jeunesse que l’on découvre généralement étant enfant ou adolescent mais c’est avec plaisir que je l’ai découverte à 23 ans !

J’avais envie d’une lecture qui me transporte dans un autre monde et je n’ai pas été déçue. Gwendalavir est un monde étrange fait de montagnes, de forêts et de grands lacs où vivent des guerriers et des monstres abominables. Un pouvoir fascinant s’y développe : l’Art du Dessin. Cette faculté permet à quiconque la maîtrise de faire basculer tout ce qu’il/elle imagine dans la réalité.

La scène que Camille se représentait avec netteté prit tout à coup dans son esprit une dimension nouvelle. Le moindre détail, la moindre teinte, étaient perceptibles, parfaitement distincts comme chaque fois qu’elle imaginait quelque chose, mais cette fois-ci, cela allait plus loin : une porte mystérieuse s’était ouverte, le tableau, les couleurs et les personnages lui appartenaient ! Elle tendit son esprit, ajouta une touche de rouge imaginaire, modifia légèrement une courbe…

Le scénario initial est assez classique : une jeune fille qui se découvre des capacités hors-normes et doit quitter sa vie pour sauver le monde d’où elle vient vraiment. Mais je pense que cette série détient un charme rare dans l’écriture de l’auteur. Un style simple mais efficace qui va droit au cœur des choses. Les descriptions magnifiques des paysages transportent dans un monde majestueux et hors du temps.

Al-Jeit n’était pas une ville, mais un miracle de clarté, de couleurs et d’eau.

Jaillissant de la plaine comme un bastion inexpugnable, un plateau rocheux aux bords verticaux s’élevait à une cinquantaine de mètres. La capitale était construite à son sommet, tours défiant le ciel, coupoles de nacres, passerelles arachnéennes.

Chacun des toits semblait tissé de lumière et l’ensemble tenait davantage du chef-d’oeuvre prêt à l’envol que de la ville classique.

Plus magnifique encore que les constructions élancées, un rideau liquide tombait du plateau en pluie continue et, cataracte scintillante, rejoignait les méandres d’un lent cours d’eau qui en faisait le tour.

Les personnages sont très attachants, ayant chacun une personnalité et une fonction propre dans le groupe d’aventuriers. J’aime particulièrement Salim, le meilleur ami d’Ewilan et son plus précieux confident, un garçon plein d’énergie qui aime rire et voit toujours les choses du bon côté. La relation qui le lie à Ewilan est très belle et présentée d’une façon simple, presque pure. J’adore aussi Ellana, une jeune marchombre très forte de caractère et aussi très agile, elle excelle au combat et possède un sens de l’honneur infaillible. J’ai d’ailleurs très hâte de lire la série qui lui a été consacrée par l’auteur : Ellana, le pacte des marchombres.

C’est là que j’ai grandi, au dix-septième étage de cet immeuble, continua le garçon. Je n’ai pas reçu de coups mais pas de tendresse non plus. En fait, personne ne s’est jamais vraiment occupé de moi. Si tu savais combien de fois j’aurais aimé avoir un père ou un grand frère pour me défendre quand je me faisais enquiquiner ou racketter dans la rue. Mais je n’en avais pas. Alors j’ai appris à me débrouiller. A courir vite. Pour tout dire, Bjorn, si je n’avais pas rencontré Camille, je crois que j’aurais mal tourné. […]

Elle est exceptionnelle, confia-t-il à son ami. C’est elle qui m’a donné envie de m’intéresser aux choses et aux gens. Grâce à elle je me suis accroché au collège, même si ma voie semblait tracée. Je suis ce que je suis, mais ce que je suis, c’est à elle que je le dois…

Le rythme est très prenant et équilibré, mêlant moments d’actions et moments plus calmes de voyages et de contemplations. Les chapitres sont courts et vont droits à l’essentiel sans moments de flottements où l’on pourrait s’ennuyer.

Les trois tomes tracent l’histoire du chemin d’Ewilan dans le renversement du pouvoir Ts’liche, la libération des sentinelles et ainsi de tout le royaume. Les tomes montent petit à petit en intensité mais le premier reste mon préféré car c’est là que l’on découvre tout l’univers de Gwendalavir et les possibilités que peut offrir le pouvoir d’Ewilan.

J’aime beaucoup l’univers que Pierre Bottero a réussi à développer et j’espère pouvoir découvrir la suite de ses œuvres très rapidement (j’ai déjà commencé Les Mondes d’Ewilan). Je les savoure d’autant plus en sachant que l’auteur étant mort prématurément il y a dix ans, il n’y aura plus de publication de sa part…

C’est une lecture que l’on peut savourer, en prenant son temps… pour se réconforter.

Connaissez-vous Pierre Bottero ? Quelle est votre série préférée qu’il ait écrit ?

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