Amour et indépendance au féminin – La Vagabonde de Colette


Résumé (Babelio): Comme Colette après sa séparation d’avec Willy, Renée Néré doit subvenir à ses besoins en se produisant sur des scènes de music halls ; marginale et déclassée, elle devient aussi une vagabonde sentimentale qui, après quelque temps d’une liaison pourtant heureuse, retrouve sa peur d’être un jour de nouveau prisonnière.

Itinéraire parfois douloureux d’une femme indépendante au début du siècle, qui préfère renoncer à l’amour avant l’heure des regrets, évocation de la vie brillante et misérable des troupes de cafés concerts et des coulisses des petits théâtres, La Vagabonde est un des romans les plus personnels de Colette, où elle approfondit avec une sensibilité pudique et frémissante son investigation psychologique.

Sous les traits de Renée, elle peut donner un sens à sa vie passée et à celle qui s’annonce, incertaine mais libre.


Après avoir vu le film Colette de Wash Westmoreland (que je vous recommande chaudement), j’avais très envie de découvrir les œuvres de l’autrice. J’ai donc commencé avec son premier livre publié après le divorce de son époux tyrannique Willy, La Vagabonde.

C’est clairement un roman au fond très autobiographique. Au travers de l’histoire de Renée, on suit celle de Colette. Ecrivaine ayant délaissée sa plume, elle devient mime et femme de scène. J’ai beaucoup aimé suivre avec elle les coulisses des artistes et de la scène, la solidarité qui y existe et les problèmes qui accompagnent le métier.

J’avais l’impression de lire un journal intime poétique avec des bribes de moments de vie, de pensées et de lettres. Le personnage de Renée est fort, on suit ses réflexions et inquiétudes vis-à-vis de son métier, de sa vie parisienne et surtout vis-à-vis des hommes. Traumatisée d’une vie conjugale où son mari ne cessait de la tromper et de l’utiliser sans vergogne, elle essaie de se relever et de se reconstruire à 34 ans.

Hochez, en entendant ces clichés, une tête sceptique plus qu’apitoyée : une femme ne peut guère mourir de chagrin. C’est une bête si solide, si dure à tuer ! Vous croyez que le chagrin la ronge ? Point. Bien plus souvent elle y gagne, débile et malade qu’elle est née, des nerfs inusables, un inflexible orgueil, une faculté d’attendre, de dissimuler, qui la grandit, et le dédain de ceux qui sont heureux. Dans la souffrance et la dissimulation, elle s’exerce et s’assouplit, comme à une gymnastique quotidienne pleine de risques… Car elle frôle constamment la tentation la plus poignante, la plus suave, la plus parée de tous les attraits : celle de se venger.

Sa rencontre avec Maxime va marquer un renouveau dans sa vie, une liaison amoureuse pour laquelle elle ne sait pas si elle se sent prête. Il pèse alors une tension dans le récit car on ressent l’oppression de Renée et sa peur de se retrouver enfermée et prise au piège par ses sentiments aveuglés. Maxime est un personnage très ambivalent dont on sent qu’il faut se méfier et pour lequel je n’ai éprouvé aucune sympathie.

Imprudent Hamond ! A-t-il cédé à son instinct d’ex-peintre de genre ? Ce petit tableau de ma vie future, entre un ami fidèle et un bel enfant, produit sur moi le plus inexplicable, le plus désastreux effet… Et il continue, le malheureux ! Il insiste ! sans s’apercevoir qu’une gaîté détestable danse devant mes yeux qui fuient les siens et qu’il n’obtient de moi que des « oui » ennuyés, des « sans doute… je ne sais pas… » de pensionnaire qui trouve la leçon trop longue…

Je trouve que c’est un roman éminemment féministe qui touche des points très importants sur la condition des femmes et la place qu’elles peuvent avoir dans un couple. L’autrice aborde aussi la pression que leur impose la société et qu’elles s’imposent à elles-mêmes en conséquence.

Comment conserver sa propre identité lorsque l’on est amoureuse ? Comment ne pas s’oublier ?

J’ai eu très peur tout au long du récit de ce que pourrait être la fin et je ne fus vraiment pas déçue. J’ai trouvé cette fin très juste et libératrice même si elle est loin de résoudre tous les problèmes et tous les questionnements.

J’ai hâte de découvrir la suite des œuvres de Colette dont j’ai adoré le style d’écriture très fin et poétique avec des moments de grâce absolue.

Ecrire ! Pouvoir écrire ! cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche, le griffonnage inconscient, les jeux de la plume qui tourne en rond autour d’une tâche d’encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse de fléchettes, l’orne d’antennes, de pattes, jusqu’à ce qu’il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique, envolé en papillon-fée…

Avez-vous des livres de Colette à me conseiller ?

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