Une remise en question de notre société ? – Le murmure des sorcières de Marianne Renoir


Synopsis : « Vous le saviez, vous, que les sorcières étaient végétariennes ? Qu’elles étaient très savantes, en langues et en mathématiques ? Qu’elles descendaient en droite ligne des dragons de Komodo ? Qu’elles portaient des noms de trois lettres ? Qu’elles venaient d’une île du Pacifique engloutie par la montée des eaux ? Que c’est pour cela qu’elles s’étaient réfugiées sur les toits de Paris ?

Que la plus jeune d’entre elles s’appelait Kaï ? Et qu’il était tout à fait possible de la confondre avec Marie-Astrid Caramel de Bellegarde, qui de toute sa vie n’avait connu que les beaux quartiers ?

Non ? Eh bien, il est grand temps que vous l’appreniez. »


Un livre jeunesse très inspirant et à conseiller absolument ! J’avais envie de retomber un peu en enfance et de découvrir un livre court et facile à lire : Le murmure des sorcières m’a ravie.

J’ai adoré le monde des sorcières créé par l’autrice dans lequel ces dernières vivent sur leur île en se suffisant à elles-mêmes jusqu’à ce que la montée des eaux ne les oblige à partir (bonjour réchauffement climatique). Elles sont des descendantes des dragons de Komodo, sont très intelligentes et ne vivent que pour le plaisir de vivre. Elles ne sont cependant pas idéalisées mais plutôt perçues comme très bizarres voire monstrueuses par les humains car elles sont grandes, ne se lavent pas, et poussent des cris aigus assourdissants pour communiquer. Lorsqu’elles doivent quitter leur île pour décider de s’installer sur les toits de Paris, on assiste à la confrontation de deux mondes.

Une sorcière, ça veut dire dix sorcières, ça veut dire mille sorcières, ça veut dire bientôt un million de sorcières devant nos fenêtres. Il n’y a pas de fumée sans feu. Les sorcières appartiennent à la catégorie des animaux nuisibles, comme les rats et les cafards. La sorcière peut survivre un mois sans manger ni boire. Elle est capable de supporter des doses de radiation mortelles pour l’homme. Le jour où toutes nos centrales nucléaires exploseront d’un coup, il ne restera sur la terre que quoi ? des rats, des cafards et des sorcières.

J’ai beaucoup aimé découvrir les deux points de vue, autant celui des sorcières que des humains (que l’on ne connaît que trop malheureusement). Tout ce qui ne leur ressemble pas est mal vu et mis de côté par les humains pour qui les sorcières représentent une nuisance et qu’ils vont critiquer dès leur arrivée.

Les sorcières quant à elles ne comprennent pas le mode de vie des humains : elles volent les fruits et les légumes sur le marché car elles n’ont jamais eu affaire à un système d’échange et d’argent. Sur leur île, elles faisaient leurs propres plantations et leurs propres récoltes leur suffisaient. Elles s’éduquent entre elles et ne possèdent pas de système scolaire, ce qui semble être efficace puisqu’elles savent parler un nombre incalculable de langues et sont des calculatrices vivantes. Elles sont végétariennes et il ne leur viendrait jamais à l’idée de tuer un animal pour le manger.

Kaï vit alors une chose brune qui baignait dans un liquide rougeâtre. Elle comprit soudain que ce qu’on venait de lui servir, c’était de la viande, de la viande qui baignait dans du sang. Ainsi, c’était donc vrai que les humains tuaient les animaux, et mangeaient leur chair, et buvaient leur sang : ce n’était pas une médisance de sorcières.

Les sorcières remettent en question le monde dans lequel on vit et démontre que ce qui nous semble normal ne l’est peut-être pas tellement… Elles ne font de mal à personne mais se font quand même rejeter (et elles rejettent les humains en retour qui leur paraissent complètement absurdes). La peur de l’inconnu et du changement oppose les deux camps, et ce sont deux petites filles qui vont démontrer que le gouffre entre eux n’est peut-être pas si grand.

Il ne restait plus que cinq minutes avant de rendre les copies, plus que trois minutes, deux, une, arrêtez d’écrire et posez les stylos. Marie-Astrid eut soudain la sensation très nette qu’elle n’existait plus, que le monde n’existait plus. « Rien n’a d’importance, puisque je n’existe pas, puisque rien n’existe. » Elle se dit qu’elle pourrait se mettre toute nue, grimper sur une table devant toute la classe, sauter par la fenêtre, qu’il n’y avait rien de gênant, rien de dangereux, puisque cette classe n’existait pas. Le monde était une illusion. Mais ce sentiment ne lui apportait pas de tranquillité, seulement de l’angoisse. Pour la première fois, Marie-Astrid rendit une copie blanche.

Kaï et Marie-Astrid se ressemblent comme deux gouttes d’eau, mais l’une est une sorcière et l’autre est humaine. Lorsqu’elles décident d’échanger leurs vêtements, elles échangent malencontreusement leurs vies aussi. Marie-Astrid est mal dans sa peau et les sorcières vont lui permettre de se libérer ; Kaï est curieuse et envieuse de ce monde nouveau qu’elle découvre mais va aller de désillusions en désillusions. Cet échange va montrer toutes les différences d’éducation et de mode de vie des deux filles mais aussi ce qui les rassemble.

C’est une histoire courte, drôle et fluide avec de jolies illustrations et qui sous ses airs d’histoire divertissante pose beaucoup de questions sur notre mode de vie, notre société et tout ce que l’on y perd.

Et vous, que lisez-vous en ce moment ?

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