Un de mes romans préférés – Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee


Synopsis : « Dans une petite ville d’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. »


Pour le challenge #unmoisderelecture organisé par gypsy.books en avril, j’ai décidé de relire un de mes romans préférés : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee. Un classique de la littérature américaine que j’avais premièrement commencé à lire puis abandonné et dans lequel je me suis replongée il y a trois ans. J’avais adoré. Et j’ai encore adoré à ma deuxième lecture.

C’est une histoire qui m’immerge complètement dans son univers. Je visualise tellement la maison des Finch, la rue, la maison des Radley, l’école, le tribunal… de cette petite ville fictive d’Alabama nommée Maycomb.

Ton père a raison, dit-elle. Les [oiseaux] moqueurs ne font rien d’autre que de la musique pour notre plaisir. Ils ne viennent pas picorer dans les jardins des gens, ils ne font pas leurs nids dans les séchoirs à maïs, ils ne font que chanter pour nous de tout leur cœur. Voilà pourquoi c’est un péché de tuer un oiseau moqueur.

L’intrigue principale repose sur un sujet lourd et difficile, le racisme. C’est le regard de la narratrice Scout, jeune fille de huit ans, qui fait de ce roman un roman dur et doux à la fois. Je trouve la balance et les basculements d’un côté à l’autre très bien faits, comme des vagues par lesquelles on se laisse porté… Scout nous entraîne dans sa vie rythmée par l’école, les jeux avec son frère Jem et leur ami Dill, les discussions avec Atticus, l’enquête sur Boo Radley, avec son regard d’enfant mais aussi de la maturité car l’on sent que la narratrice raconte ses souvenirs avec du recul.

Dill était reparti. Tant de jolies choses flottaient dans son esprit rêveur. Il était capable de lire deux livres entiers le temps que j’en lise un, mais il préférait la magie de sa propre imagination. Il savait calculer à la vitesse de l’éclair mais il préférait son propre monde crépusculaire, un monde où les bébés dormaient en attendant d’être cueillis comme les lis du matin. Il se parlait lentement pour s’endormir et m’emportait avec lui mais, dans la quiétude de son île de brume s’éleva l’image fanée d’une maison grise aux tristes portes marron.

Je me rends compte que la psychologie des personnages et leur construction me sont souvent essentiels pour qu’une œuvre se transforme en coup de cœur. Je suis très attachée aux personnages de Scout, Jem et Atticus (et d’autres encore, mais principalement ces trois-là). Scout est vive d’esprit, intrépide, curieuse, elle ne fait que ce qu’elle veut même si ce n’est pas ce qu’une jeune fille « bien éduquée » est censée faire, au grand détriment de sa tante Alexandra.

Le problème de mes vêtements rendait tante Alexandra fanatique. Je ne pourrais jamais être une dame si je portais des pantalons ; quand j’objectai que je ne pourrais rien faire en robe, elle répliqua que je n’étais pas censée faire des choses nécessitant un pantalon. La conception qu’avait tante Alexandra de mon maintien impliquait que je joue avec des fourneaux miniatures, des services à thé de poupées, que je porte le collier qu’elle m’avait offert à la naissance – auquel on ajoutait peu à peu des perles ; il fallait en outre que je sois le rayon de soleil qui éclairait la vie solitaire de mon père.

 Jem est un grand frère taquin mais aussi protecteur qui, en grandissant, s’éloigne pour réfléchir et réaliser des choses qui lui étaient incompréhensibles dans l’enfance. Son personnage pense et évolue beaucoup au fil de l’histoire par son entrée dans l’adolescence, délaissant parfois Scout.

Atticus est un père droit, doux et intransigeant à la fois. Dévoué à son travail, il laisse beaucoup de liberté à ses enfants et essaie de leur transmettre ses valeurs en se comportant en un bon modèle pour eux. C’est un personnage à l’apparence très calme et réfléchie mais plus complexe qu’il n’en a l’air avec des secrets qu’il ne veut pas faire ressurgir.

« Bonsoir, Mrs Dubose ! Quelle mine vous avez ce soir ! »

Je ne l’entendis jamais préciser quelle mine, au juste. Il l’informait des procès en cours, ajoutant qu’il lui souhaitait de tout cœur une bonne journée pour le lendemain. Puis il remettait son chapeau, me hissait sur ses épaules devant elle et nous regagnions la maison à la nuit tombante. Dans ces moments-là, je trouvais que mon père, qui détestait les armes à feu et n’avait jamais participé à aucune guerre, était l’homme le plus courageux qui soit.

La vie de ces personnages me berce tout au long du récit avec des moments plus durs et plus angoissants que d’autres. L’intrigue principale du roman repose sur le procès de Tom Robinson mais il y en a une autre, plus intime à Scout et Jem : qui est leur voisin, Boo Radley, qui ne sort jamais de chez lui ? Cette question revient tout au long de l’histoire et elle me fait toujours sourire.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur alterne les moments doux, drôles, forts, tragiques et réflexifs ; c’est pour cela que je ne m’y ennuie jamais et que je le lirai encore et encore avec plaisir.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s